La disposition et l’éclairage de l’atelier de dessin

La chose à éviter absolument c’est d’avoir une ombre portée de la main qui se dépose sous la mine du crayon. C’est infernal.

Pour éviter cela il vous faut savoir de quelle main vous dessinez : la source de lumière doit venir de la gauche si vous êtes droitier, et de la droite si vous êtes gaucher.

Bouvier en 1827 donne dans son « manuel des artistes en peinture » quelques conseils judicieux :

« L’atelier d’un peintre doit être au nord, de préférence à toute autre exposition, afin d’éviter les alternatives fréquentes du soleil et du jour ordinaire, qui changent entièrement l’aspect et l’effet des objets qu’on a devant les yeux pour les imiter.
Quelques nuages, promenés dans les airs par le vent et se suivant à des intervalles irréguliers, suffisent pour arrêter l’artiste au milieu de son travail. Dans un atelier exposé au nord, il n’a point à craindre cet inconvénient, ou du moins les changements de lumière y seront beaucoup moins sensibles, les rayons du soleil n’y pénétrant jamais. »
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« Ce qu’il faut éviter autant que possible, ce sont les reflets renvoyés par les murs, les toits, les arbres, etc : ces réverbérations sont peut-être plus nuisibles à la réussite d’un ouvrage que le soleil lui même. »

Bouvier dit que le moindre nuage arrête l’artiste dans son travail. C’est très sérieux. Si la lumière solaire passe derrière un nuage, les ombres portées s’effacent et du coup il faut attendre qu’elles reviennent. Inversement, si le dessin est commencé en lumière « ordinaire » l’ensoleillement vient tout perturber. Sans compter l’adaptation de la rétine qui n’aime pas tellement les changements subits de luminosité. Sans compter l’horreur d’éventuels rayons solaires sur la moitié seulement de votre toile, qui empêche tout travail cohérent.

On vit maintenant dans des univers éclairés de manière beaucoup plus constante. Les lumières de jour et de nuit qu’on avait à l’époque donnaient une toute autre éducation de l’œil.

Le meilleur éclairage est sans aucun doute la lumière naturelle provenant d’une fenêtre mais avec l’hiver qui approche à grand pas, une lampe à bras flexible est un bon choix.

En étant droitier vous pouvez orienter votre lampe à environ 10h30.

Il y a une autre solution : deux lampes architecte (celles articulées avec ressorts) une à droite 14h une à gauche 10h.
Chaque lampe gomme l’ombre que fait l’autre.

Pour le dessin, je recommande des lampes au néon pas romantiques pour un sou mais qui conservent un bon blanc au papier, quant aux ampoules lumière du jour elles sont aussi très bien et pas chères, avec un petit défaut, elles chauffent la tête si on travaille longtemps pas loin de l’ampoule.

Cet article est une synthèse d’un fil de discussion du forum du cours de dessin en ligne Signus